Marché de Noël, des effets boule-de-neige sur l’hôtellerie
Le Marché de Noël ne fait pas que transfigurer Strasbourg. Ses retombées économiques ont fait de décembre un des mois forts de l’année. En témoignent notamment les chiffres de l’Observatoire de l’hôtellerie piloté par la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin.
Près de 160 M€ pour deux millions de visiteurs. Les retombées économiques du Marché de Noël sont donc loin d’être négligeables selon les chiffres annoncés en octobre dernier par Jean-Jacques Gsell, président de l’office du tourisme de Strasbourg, adjoint au maire en charge de ce secteur et initiateur de l’opération en 1991*. Des chiffres qu’il ventile entre, d’une part, 1,4 million d’excursionnistes qui passent généralement la journée à Strasbourg et dépensent en moyenne 50 € par jour et par personne et, d’autre part, 600 000 voyageurs qui vont passer au moins une nuit dans la ville avec un budget moyen de 150 € également par jour et par personne.
Pour l’ensemble de l’Alsace, l’observatoire régional du tourisme (ORT) évalue, quant à lui, l’impact de l’ensemble des manifestations de Noël entre 300 et 400 M€**. Pointés également, depuis le lancement de « L’Alsace a un pays, Noël » il y a plus de quinze ans : les nuitées hôtelières qui ont plus que doublé, le taux d’occupation qui a gagné 30 points alors que dans les gîtes il a été multiplié par trois. Selon l’ORT, décembre est ainsi devenu le premier mois touristique de l’année. Des résultats corroborés par ceux de Strasbourg : « Il est indéniable que le Marché de Noël de Strasbourg lancé en 1991 a été un produit très positif pour la ville et que ses répercussions se font sentir depuis quelques années sur l’ensemble du département », commente Nathalie Schneider, responsable du service Tourisme à la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin. En attestent les chiffres publiés annuellement par l’Observatoire de l’hôtellerie mis en place par la CCI. Alors que jusqu’en 1990 décembre était le plus mauvais mois de l’année avec un taux d’occupation inférieur en moyenne à 50 %, il s’inscrit désormais comme le deuxième ou le troisième meilleur mois dans une ville essentiellement forte d’un tourisme d’affaires. Lié aux sessions du Parlement européen ou à l’organisation de colloques importants, ceux-ci font se détacher les mois de septembre, octobre ou juin. Avec des taux d’occupation situés entre 70 et 83 % pour les deux et trois étoiles, décembre maintient sa performance entre 2006 et 2008. Avec un léger recul pour l’an dernier qui a vu les chiffres passer de 81 % à 80 % (deux étoiles), 83 % à 79 % (trois étoiles) et 73 % à 67 % (quatre étoiles). « Une légère baisse liée peut-être à la crise économique née à l’automne précédent mais aussi sans doute à l’effet TGV qui avait marqué 2007. Il n’est pas illogique que l’année suivante - décembre compris - ait un peu marqué le pas. » * Cité dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace du 21 octobre 2009. ** Dans son étude « Noël 2008 » publiée en mars 2009 et consultable sur le site www.clicalsace.com