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Dix ans d’Euro, l’économique à la traîne |

Fêté dans un contexte de crise financière, le dixième anniversaire de l’euro a été l’occasion - au Parlement européen de Strasbourg - d’en appeler à la mise en place d’une réelle Union économique et politique. Cœur de cible : la ratification du Traité de Lisbonne.
S’il n’est devenu monnaie sonnante et trébuchante dans les portefeuilles des citoyens de onze pays de l’Union qu’en 2002, c’est dès le 1er janvier 1999 que l’euro est devenu l’unité de compte des États membres concernés. Une naissance qui est allée de pair avec l’entrée en vigueur du Pacte de stabilité et de croissance adopté en 1997 afin d’assurer la discipline budgétaire. Pour marquer cet anniversaire, le Parlement européen a organisé une cérémonie officielle avec projection d’une vidéo « historique » suivie des interventions d’orateurs de haut vol : Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, Joacquin Almunia, Commissaire aux Affaires économiques et monétaires et Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la République française. Invitée tout aussi inopportune qu’incontournable : la crise financière mondiale qui a mené ces artisans de la politique monétaire et budgétaire européenne que sont Trichet, Juncker et Almunia à donner le ton : « la complaisance n’est pas de mise, 2009 sera une année particulièrement difficile et des réformes seront indispensables pour ramener l’Europe sur la voie de la croissance. » Reste que la monnaie unique partagée aujourd’hui par 328,6 millions de citoyens est un acquis capital de l’Union - « le succès a un beau nom, il s’appelle euro », a notamment déclaré Valéry Giscard d’Estaing - nul n’a songé à le nier hormis quelques eurosceptiques qui distribuaient des euros en chocolat avec le slogan « Mangez-le avant qu’il ne vous mange »… Jean-Claude Trichet a ainsi souligné la stabilité des prix qu’il a permise, la protection des revenus et de l’épargne, la réduction des coûts de financement qui encouragent à terme l’investissement, la création d’emplois et la prospérité.
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Plus de transparence
« La monnaie unique a amélioré la transparence des prix, renforcé les échanges commerciaux et favorisé l’intégration économique et financière au sein de la zone euro et avec le reste du monde », a souligné le président de la BCE en insistant sur le fait que d’avoir une monnaie unique a permis à l’Europe de passer les premières lames de la crise financière sur « un grand navire robuste » plutôt que sur « un frêle esquif ». « L’Union n’aurait sans doute pas été en mesure de protéger plusieurs devises nationales distinctes » a-t-il souligné. Mais si l’Union financière se concrétise, l’Union politique reste à la traîne ce qui, face à la crise, est extrêmement pénalisant. Les difficultés à faire adopter le Traité de Lisbonne sont significatives, a-t-il été souligné lors du séminaire qui a suivi la séance solennelle. Or, selon l’eurodéputée socialiste Pervenche Bérès, présidente de la commission parlementaire des affaires monétaires, pour affronter la crise et continuer à progresser, « il faut remplir des conditions institutionnelles et faire preuve d’une volonté politique. Aujourd’hui, chacun des États membres définit ses priorités et sa stratégie mais cette définition a du mal à dépasser le national pour inclure le communautaire. Même si elle ne sera pas suffisante, l’adoption du Traité de Lisbonne - qui renonce notamment au vote à l’unanimité sur les questions fiscales - permettrait d’aller de l’avant. » Depuis le 1er janvier 2009, la Slovaquie a rejoint la zone Euro. Elle devient ainsi le 16e état à adopter la monnaie unique après Chypre, Malte et la Slovénie en 2008.
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Commission Européenne
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