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Le Point Eco
Numéro 260 . Septembre 2007

Travailler plus longtemps : comment éviter le papy blues ?

Au programme de la dernière rencontre Prospective de la CCI, organisée en partenariat avec la Fondation IECS, la question de la gestion des âges. Un défi que bon nombre d’entreprises auront à relever dans les prochaines années.


La gestion des âges ne concerne pas seulement l’emploi des seniors, mais la vie professionnelle de tous. Elle est au cœur de l’organisation du travail et de l’anticipation des mutations. Au cours de cette soirée qui s’est tenue en juin dernier au Pôle formation CCI, plusieurs responsables d’entreprises - dont la Banque Populaire, SPIE Est, et Alsabail- ont témoigné de la manière dont cette problématique se pose dans leur organisation et des solutions qu’ils mettent en œuvre : gestion des salariés âgés et maintien de leurs qualifications, anticipation des départs à la retraite, renouvellement des compétences, tutorat des plus jeunes.

Comment permettre aux quinquas de travailler plus longtemps ?
Allonger la vie professionnelle des salariés est un sujet évoqué presque quotidiennement par la presse et les politiques, alors qu’en réalité, l’âge moyen de la cessation d’activité est de 58 ans en France, tandis qu’en Allemagne l’âge légal passera à 67 ans dès l’année prochaine. Comment se positionne l’État par rapport à cette question et quelles sont les mesures qui devraient permettre de favoriser le maintien dans l’entreprise des seniors ? Des questions auxquelles s’est efforcé de répondre Philippe Sold, directeur du service entreprise et politique du travail de la Direction Régionale du Travail et de l’Emploi, notamment en évoquant la suppression de l’« amendement Delalande » qui visait à pénaliser les entreprises qui licenciaient les plus de 45 ans et qui était devenu un frein à l’embauche de ces mêmes salariés, au lieu de les protéger.

La richesse de l’expérience
Avant toute chose, ce sont les mentalités qui devront changer. Et faire évoluer les représentations socioculturelles n’est pas une mince affaire. En effet « le jeunisme » a gagné les entreprises alors que les études montrent que le salarié expérimenté est une véritable richesse et que son départ est une perte de compétences si aucun système efficace de tutorat n’a été mis en place pour passer le relais à un jeune salarié. C’est ce que confirme Luc Robuschi, responsable du projet de la gestion des âges à l’ACTAL, délégation régionale de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) qui présente l’enquête menée auprès de 353 chefs d’entreprises de la région. On en retiendra principalement que 81 % d’entre eux ne considèrent pas que le facteur de l’âge est un problème dans la gestion de l’entreprise, ni du point de vue de la motivation du salarié en fin de carrière, ni du point de vue de ses performances. Au contraire, le salarié « jeune », parfois décalé par rapport à la culture de l’entreprise, prendra plus souvent des décisions trop rapides qui ne tiennent pas compte des échecs et des réussites passées, en raison de son inexpérience. L’embauche d’un quinqua, voire d’un sexagénaire, peut même devenir une véritable valeur ajoutée si ses compétences sont en adéquation avec les besoins de l’entreprise. Elle tiendra compte du fait de sa capacité à maîtriser ses sujets et à aborder les difficultés en y mettant moins d’enjeux personnels. Par ailleurs, le salarié devra rester fortement mobilisé pour réaliser les tâches et assumer les responsabilités qui lui seront confiées.

Prochaine rencontre Prospective
novembre 2007 : « Quelle place pour l’industrie dans une Alsace mondialisée »





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