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Le Point Eco
Numéro 254 . Décembre 2006

Le Racing Club de Strasbourg fête son centenaire

Véritable Institution, le Racing Club de Strasbourg est connu pour cristalliser l’attention des supporters alsaciens. Venus de localités diverses, ils sont pourtant peu nombreux à s’intéresser aux coulisses du stade, c’est-à-dire à l’entreprise Racing, gérée comme telle. Avec des salariés, des joueurs, des entraîneurs et des entreprises partenaires.

Le poids d’une entreprise et d’un club mythique
À chaque rencontre, avec les joueurs et les équipes de sécurité, près de 300 personnes arpentent le stade et ses coulisses. «Le Racing Club de Strasbourg est une grosse usine qui doit gagner de l’argent», énonce Jean-Luc Herzog, son directeur général. Hormis la gestion au quotidien, assurée par une trentaine de salariés, ce sont 300 personnes qui sont sollicitées pour l’organisation d’un match, du fait notamment de contraintes draconiennes liées à la sécurité. Dirigeant le personnel administratif – ressources humaines, services juridiques pour la négociation des contrats, commercial, financier, marketing –, Jean-Luc Herzog fait tourner le club en assurant également la communication et la gestion des sponsors. En comptant les employés du centre de formation inauguré en 2000, les 28 joueurs professionnels, la sécurité, ce sont près de 140 personnes qui travaillent au quotidien pour le Club qui vient de fêter dignement ses 100 printemps. Pour l’occasion le stade a mis ses habits de fête pour accueillir deux matchs, dont celui de gala face à l’Olympique de Marseille. Quelque 15 000 personnes ont participé à cette commémoration dans une Meinau festive, dont le bouquet final était un spectacle pyrotechnique haut en couleurs.

100 ans d’histoire sur écran géant
Durant une quinzaine de minutes, les spectateurs ont également pu découvrir ou redécouvrir les moments forts de l’histoire de ce club de joueurs amateurs né en 1906, reconnu parmi les grands clubs professionnels dès 1933. «La guerre a changé la donne et c’est en 1946 que le club a repris ses marques avec un projet de construction d’un nouveau stade, raconte Jean-Luc Herzog. Les premières transactions se sont nouées avec la Ville de Strasbourg en 1950, autorisation étant faite alors de solliciter une subvention des collectivités locales. En 1984, le stade offre un nouveau visage : confortable et moderne. Puis, en 1997, la loi a interdit la présence des collectivités dans les clubs.» La destinée du RCS sera reprise par le groupe IMG, et les entraîneurs se succéderont… jusqu’à Jean-Pierre Papin qui en détient les rênes aujourd’hui.

Le foot sur le terrain de l’économie
Le Racing Club de Strasbourg «achète» ses joueurs depuis qu’il est entré dans la cour des clubs professionnels. Il doit donc être rentable et vit à la fois des entrées spectateurs, des droits de télévision (Canal Plus représente une part importante du budget) ainsi que du sponsoring. Une part non négligeable «puisque près de 400 entreprises alsaciennes sont partenaires, véhiculant leur image à travers le football». Cela démontre l’ancrage régional du Racing. Le passage en ligue 2 du Club a induit une baisse de budget importante : «Nous avons quasiment perdu 11 M€ de notre budget, qui avoisine aujourd’hui les 16 M€, observe Jean-Luc Herzog. D’être relégué change la donne, nous obligeant à diminuer les salaires de nos joueurs, à renoncer à certaines dépenses dans les domaines du commercial et du marketing et surtout à revoir notre politique tarifaire.» D’où les prix attrayants proposés aux abonnés (8 400 actuellement contre 10 500 la saison passée) et les nouveaux produits comme le pack famille permettant de conquérir le public des femmes trop peu nombreuses (10 % des spectateurs). En fait, le Racing Club se gère comme une véritable entreprise, qui subit les aléas des résultats sportifs. «D’un jour à l’autre, tout peut basculer », rappelle Jean-Luc Herzog. Reste à espérer que le Racing remonte en ligue 1 et renoue le plus vite et le plus longtemps possible avec son passé glorieux… en conjurant les fluctuations.
12, rue de l’Extenwoerth à Strasbourg-Meinau.

Le documentaire de Laurent Lutaud
Racing ! Racing ! Une histoire de l’Alsace Le saviez-vous ? En 1906, le Racing s’appelait le FC Neudorf ! Il a été rebaptisé RC Strasbourg-Neudorf en janvier 1919, époque à laquelle s'est amorcé un nouveau tournant, misant sur la carte du professionnalisme grâce au mécénat du constructeur automobile Émile Mathis (nom de la station de tramway aujourd’hui, face au stade) dont l’usine se situait à la Meinau. Suit un long destin, ponctué de coups d’éclats, de défaites, de réussites, de doléances. De la deuxième division au titre de champion de France, des résultats qui n’ont pas toujours été à la hauteur des Strasbourgeois fidèles spectateurs. Sur la base de films, de photographies d’archives et d’interviews, un dvd de 70 minutes a été réalisé par Seppia en coproduction avec France 3 Alsace, avec la participation du Centre National de la Cinématographie et le soutien de la Région Alsace, du Conseil Général du Bas-Rhin, de la Communauté Urbaine de Strasbourg.
Contact, 03 88 52 95 95

Le livre du Centenaire par Pierre Perny
Préfacée par le président actuel du Club, Philippe Ginestet, écrite et réalisée à compte d’auteur par Pierre Perny, auteur de La grande époque du football alsacien, cette histoire du Racing centenaire n’est pas uniquement sportive, elle est également politique, inscrite dans l’histoire de Strasbourg et de l’Alsace : club se démarquant sous le régime prussien avant 1918, résistant durant l’Occupation, européen après 1945, en somme une histoire très alsacienne… 350 pages au format 23x30, environ 250 photos. 35 €, disponible en librairie ou auprès de l’auteur.
Contact, 06 83 06 28 50




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