Aménagement du territoire : l’enjeu de la logistique alsacienne
Indispensable au développement économique d’une région, la logistique requiert des sites d’envergure qui ne sont pas légion et la mise en place de réseaux d’accès adéquats. Des contraintes lourdes par rapport aux exigences environnementales. Deux études ont fait le point sur la situation alsacienne. Elles serviront de base à l’élaboration d’une indispensable politique logistique.
L’ASLOG (Association française pour la logistique) définit la logistique comme «l’art et la manière de mettre à disposition un produit donné au bon moment, au bon endroit, à moindre coût et avec la meilleure qualité». Indispensable au dynamisme économique, la logistique se situe donc à l’interface de la production et de la consommation, implique une gestion des flux entre production et commercialisation et s’exerce dans un espace économique qui rassemble de nombreuses fonctions : entreposage, transport, gestion des stocks, administration, conditionnement. Autant d’activités qui nécessitent terrains, infrastructures et environnement adéquats. En 1998, une étude régionale confiée au Bureau Buck Consulting a défini les contours d’une logistique alsacienne dédiée pour l’essentiel au service d’une industrialisation régionale forte.
Des atouts pour l’externaliser
Aujourd’hui, une étude financée par la Région Alsace est réalisée par le Cabinet Samarcande. Son but : fixer les besoins à moyen et long terme en plates-formes intermodales en Alsace. Région idéalement positionnée, l’Alsace est au cœur de deux axes de transit internationaux : celui qui relie le nord de l’Europe de l’Ouest à la Méditerranée et celui qui va de l’Europe centrale à Paris. Les voisins proches de l’Alsace – la Rhénanie, le Bade-Wurtemberg, la Suisse et le nord de l’Italie – comptent parmi les plus riches d’Europe et les plus denses, démographiquement parlant. Paradoxalement, l’Alsace ne bénéficie pas d’une réelle dynamique en matière de logistique, se contentant d’assurer les besoins induits par son industrialisation propre, comme l’avait prouvé le rapport Buck à la fin des années 1990. Elle souffre par ailleurs de réseaux d’infrastructure insuffisants et dissymétriques. Face à l’internationalisation continue de l’économie, il faudrait que soit appliquée une stratégie adaptée, recommande le rapport Samarcande qui préconise de créer une infrastructure solide tant du point de vue matériel (routes, voies ferrées, voies navigables, ports, aéroports et terminaux) qu’en ce qui concerne les réseaux du savoir, notamment en matière de formation des logisticiens. Les entreprises existantes devraient être renforcées, qu’elles soient dédiées à la logistique ou qu’elles disposent d’un pôle propre. Il faudrait par ailleurs attirer dans la région de nouvelles entreprises axées sur cette activité. Une stratégie cohérente est donc à définir. Si elle bénéficie d’atouts, l’Alsace doit également faire face à des obstacles réels : une prospérité industrielle qui n’atteint plus les sommets d’autrefois, une occupation dense, une pénurie foncière qui fait monter les prix et une forte pression écologique. Du diagnostic posé par les études Buck et Samarcande devraient découler d’ici fin 2006-début 2007 des propositions de plates-formes intermodales qui touchent autant la logistique industrielle, que celle qui concerne la grande distribution.