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Le Point Eco
Numéro 246 . Décembre 2005

Producteurs laitiers

4000 producteurs de lait en 1983 en Alsace, 640 en 2004 : voici les chiffres affichés par la FDSEA, pour une production quasiment identique. «C’est l’instauration des quotas laitiers qui a contribué à changer la donne du marché». Proches de la retraite, certains agriculteurs ont cessé leur activité, indemnisés par l’État. D’aucuns se sont diversifiés, d’autres enfin se sont développés, parfois en se regroupant. Regard sur un marché contrasté.

640 producteurs, 48 850 vaches à lait, 1% de la production nationale de lait
Pierre-Paul Ritleng, conseiller technique à la FDSEA, Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles, et animateur du CRIEL (Centre régional interprofessionnel de l’économie laitière), a suivi cette évolution, considérant l’arrivée des quotas comme une chance, de même que le phénomène associatif qui permet de se regrouper* et de mutualiser les investissements. «Le travail du lait est très contraignant, les jeunes ne souhaitent plus être mobilisés 365 jours par an, en s’unissant ils deviennent plus efficaces et réalisent des économies d’échelle.

Parallèlement, la réforme de la Politique agricole commune (PAC) qui sera en phase active en 2006, va imposer de nouvelles contraintes aux producteurs, déjà soumis à un durcissement de la réglementation, notamment en matière d’hygiène». Alors que les agriculteurs arrivant sur le marché devront intégrer une fonction administrative plus importante, les «anciennes générations», seront obligées de renouveler leur outil pour rester performants. Autre problème évoqué par Pierre-Paul Ritleng et qui concernera également les repreneurs d’exploitations, la nécessité de sortir des villages pour se mettre aux normes et s’agrandir. Or, les terres à bâtir sont très prisées et la forte concentration de la population marque un obstacle à l’implantation, du fait des nuisances liées aux exploitations : bruit des machines, odeurs, etc. Actuellement 640 producteurs adhérents sont recensés par la FDSEA, qui représente environ 95% de la profession. Avec 48 850 vaches à lait (30 000 dans le Bas- Rhin), ils affichent quelque 260 Ml de lait collectés, dont 160 environ concernent le Bas-Rhin (61,5% de la production régionale). «Dans le Bas-Rhin, observe Pierre-Paul Ritleng, Alsace-Lait représente près de 70% de la collecte régionale, suivie d’Unicolais (basée à Sarrebourg, l’entreprise collecte essentiellement sur le Bas-Rhin) et Calas». Alors qu’en 2001, le prix du lait avait atteint les 306,85 € les 1 000 litres, une baisse progressive a marqué les dernières années : «le lait est acheté par les transformateurs au prix de 282,92 € pour 1000 litres en 2004», indique Pierre-Paul Ritleng. «Pour compenser cette baisse, une aide directe a été versée aux producteurs. Mais malheureusement, la baisse des prix ne se retrouve pas dans les rayons», regrette-t-il, affichant clairement qu’il milite pour une répartition équitable de la valeur ajoutée. La consommation des produits à base de lait alsacien représente environ 30% de la consommation régionale, l’export est inexistant, tout comme pour le lait de chèvre, une part infime est transformée en fromage et vendue sur les marchés.

Contact, 03 88 19 17 70


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