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Le Point Eco
Numéro 243 . Septembre 2005

Deux nouveaux parkings à Strasbourg : propositions concrètes de la CCI

Trouver des alternatives à l’automobile n’implique pas de la rayer définitivement de nos vies. Il importe par contre de mener une réflexion sur son bon usage et c’est tout le sens qu’a pu prendre le débat sur la place de la voiture en ville.


Pour Jean-Louis Hoerlé, président de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, au-delà des réflexions, il faut mettre en place des actions concrètes et ne pas se contenter de paroles. «Une ville sans accessibilité devient une cité-musée où l’activité économique s’éteint» explique-t-il d’emblée en soulignant l’importance de l’enjeu pour les commerçants. Partant de ce constat, il propose la création de deux nouveaux parkings en plein centre-ville, dont l’un serait aménagé sous la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons et l’autre à proximité du Tribunal. Relié à l’actuel parking Gutenberg, construit par la CCI il y a trente ans, le premier offrirait 250 à 260 places réparties sur trois niveaux. Il aurait son entrée au pont du Corbeau et sa sortie au niveau de l’Ancienne douane et du pont Saint-Nicolas. Aménagé en fonction des normes d’accès «handicapés» il aurait l’avantage d’éviter la construction, sur la très belle place Gutenberg, d’une trémie d’accès du type de celle qui a été élevée place de l’Homme-de-Fer. «Si cette nouvelle infrastructure est construite, poursuit Jean-Louis Hoerlé, on pourrait envisager dans un second temps la piétonnisation de la place et de la rue du Vieux- Marché-aux-Poissons.» D’une même envergure, le deuxième parking aurait son accès rue Finkmatt et déboucherait rue du Fossé-des-Treize. Il pourrait constituer une alternative au projet de parking de la rue de la Fonderie, techniquement très complexe et financièrement quasi inabordable. Au total, ce sont 500 à 550 places de stationnement qui seraient ainsi créées. «Ce sont là des projets réalistes qui se basent sur des études de faisabilité et des évaluations financières très précises», poursuit Jean-Louis Hoerlé, conforté par Jean-Michel Lehmann, secrétaire-membre du bureau de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, en charge du dossier.

Moins de stationnement sauvage
«La création de ces parkings présente des avantages indéniables qui sont à la fois l’augmentation du nombre d’emplacements, la diminution du stationnement sauvage et de la gêne occasionnée par les voitures qui tournent sans fin à la recherche d’une place», explique Jean-Louis Hoerlé, en précisant que ces nouveaux sites permettront en outre de remettre à l’étude un certain nombre d’aménagements de l’hyper centre dont celui de la place du Château qui fait débat. Les parkings Vauban et Sainte-Marguerite pourraient par ailleurs être utilisés au mieux de leurs possibilités.

Financement CCI
Pour le premier parking, le coût de construction a été évalué entre 11 et 12 M€, sans la dalle de surface. La CCI s’engage à en assurer le financement comme elle le fera pour le second. En ce qui concerne la gestion, elle propose de prendre en charge la concession des deux ouvrages, à l’instar de ce qu’elle a fait pour le parking Gutenberg. «Nous savons faire et nous l’avons prouvé» déclare Jean-Louis Hoerlé en rappelant l’important turn over de ce parking. En ce qui concerne les travaux, il faut compter dix-huit mois dont quelques semaines de gêne pour les mener à bien» précise- t-il. Pour Pierre Bardet, membre titulaire de la CCI et directeur général des «Vitrines de Strasbourg», ces projets sont d’une nécessité vitale pour les enseignes du centre-ville. Il n’en veut pour preuve que la publicité récurrente que font les commerçants allemands pour inciter les Alsaciens à faire leurs courses chez eux, en insistant sur les facilités de stationnement qu’offrent les villes de l’autre côté du Rhin. «Le magnifique projet de l’Aubette ne pourra marcher que si l’on augmente le nombre de parkings », conclut-il.