«Ne pas se reposer sur ses lauriers» : le credo de Jean-Charles Melis, président de l'Association des commerçants et artisans de Betschdorf
«Pas facile de mobiliser les troupes», vous dira Jean-Charles Melis, président de l’Association des commerçants et artisans de Betschdorf (ACAB), commune de 3 800 habitants, cent entreprises, PME-PMI et commerces confondus. Pourtant, il veut rester confiant et mise sur le potentiel d’activités de sa commune.
Actuellement, 45 adhérents participent à l’ACAB : « une représentativité en dents de scie », souligne le président, se souvenant des 67 membres des premières années de son mandat. Installé depuis 22 ans à Betschdorf, Jean-Charles Melis y exerce ses talents d’ébéniste. Avec six salariés, il se déclare ravi d’avoir été rejoint par son fils, qui a passé son diplôme de maître-ébéniste. Cette succession assurée n’est pas le fait de ses pairs au sein de l’association.
Le problème récurrent de la transmission
Comme partout ailleurs, «trop d’affaires ne trouveront pas de repreneur, faute d’enfants souhaitant prendre la relève, pas même ceux qui ont appris le métier de potier, qui fait la réputation du village». Le projet de route de l’artisanat, concocté en liaison avec la Chambre de Métiers d’Alsace, donnera-t-il un nouvel essor à la commune? Jean- Charles Melis l’espère, et y travaille avec les membres de son comité. «Associée à des portes ouvertes chez les artisans, l’opération devrait drainer les chalands, notamment grâce au jeu-concours qui leur sera proposé». Occupant également des fonctions au niveau de la commune, le président de l’association regrette le manque de motivation de ses troupes. «En dépit d’un certain nombre d’initiatives proposées, nous avons du mal à fédérer nos adhérents ». Citant la difficulté à organiser une journée des associations, bien que 40 structures soient présentes dans la commune. Que manque-t-il à Betschdorf, alors qu’on y trouve quasiment tous les corps de métiers, commerçants, artisans, entrepreneurs, structures sociales indispensables à une vie de la cité ? «Une meilleure offre en vêtements, chaussures et maroquinerie» suggère Jean-Charles Melis.
Éviter l’évasion des consommateurs
«L’implantation d’activités dans l’espace de 276 ares disponible, permettrait d’éviter l’évasion de la clientèle vers d’autres zones comme Haguenau. Il ne faut pas que le village se transforme en cité dortoir», appréhende Jean-Charles Melis, évoquant l’éventuelle implantation du village de marques à Roppenheim qui, dans le maintien du projet actuel, serait en premier lieu catastrophique pour les potiers. Quelle solution pour maintenir l’activité à Betschdorf ? «Innover, faire bouger, créer, et ne pas se reposer sur ses acquis». Et au maître-ébéniste de citer sa propre initiative en tant qu’exposant à la foire de Strasbourg, qui lui a permis de se tisser un noyau de clientèle sur le Bas-Rhin.
L'union fait la force Pour l’heure, Jean-Charles Melis a pris son bâton de pèlerin pour fédérer les communes avoisinantes – Hatten, Rittershoffen, Stundwiller, Aspach et Oberroedern réunies, avec Betschdorf, au sein de la communauté de communes du Hattgau. Partant du fait que «l’union fait la force», il espère beaucoup de la route de l’artisanat. En attendant de trouver d’autres idées d’animation. Contact, 03 88 54 42 26