Transport de déchets : quelles alternatives au transport routier ?
Chaque année, les déchets générés par les entreprises implantées en Alsace représentent 5,2 millions de tonnes. Au-delà des aspects liés à leur élimination ou à leur recyclage, se pose la question récurrente de leur transport. Dans un contexte de saturation du réseau routier, la CCI a participé à une étude* pilotée par l’Ademe sur les éventuelles alternatives par voies ferrées et fluviales au transport routier des déchets.
L’accessibilité d’un territoire et sa desserte interne sont des conditions sine qua non du développement économique d’une région. A contrario, elles peuvent constituer de véritables freins lorsque leurs qualités, notamment de fluidité et de fiabilité, ne répondent pas aux besoins en mobilité de ceux qui y vivent et/ou y travaillent. C’est un fait : le réseau routier alsacien est de plus en plus chargé, du fait notamment d’un nombre croissant de poids lourds. L’augmentation faible mais constante des quantités de déchets produits – 1,2 million de tonnes de déchets banals des entreprises, quatre millions de tonnes de déchets du BTP, 700 000 tonnes d’ordures ménagères en 2004 en Alsace – contribue à cette congestion lors de leur transport vers les centres de traitement.
Développement durable et transport : l’expertise de la CCI
Compte tenu des nécessaires réductions des émissions de CO2 (qui contribuent à l’accroissement de l’effet de serre) et de l’augmentation prévisible du coût des carburants dans les années à venir, il devient opportun de s’interroger sur l’efficacité énergétique des transports. À titre d’exemple, pour une même quantité de pétrole, on parcourt une distance cinq fois plus importante par la voie fluviale que par la route. La contribution de la CCI à cette étude vise à préserver et développer les capacités du réseau routier alsacien engorgé où, selon l’Ademe, plus de 35 % des flux de transport de marchandises sont dédiés aux déchets. Dès lors que cela est possible techniquement et financièrement, il y a lieu d’étudier et de recourir à certains modes alternatifs à la route. Cinq scénarios allant dans ce sens ont fait l’objet d’une analyse approfondie à l’occasion de cette étude. D’un point de vue environnemental, ces solutions de transports alternatifs permettraient des économies en termes d’énergie consommée, d’émissions de polluants rejetés dans l’atmosphère et de coûts externes pour la collectivité.
Le potentiel du transport multimodal
D’un point de vue organisationnel, les changements impliqués sur les sites de départ ou d’arrivée ne seraient pas de grande ampleur et resteraient facilement maîtrisables. Par contre, les scénarios étudiés ont permis d’identifier, comme points faibles, les investissements nécessaires au raccordement des sites de traitement des déchets au départ ou à l’arrivée des flux à la voie d’eau ou au rail, ainsi que leur faible compétitivité sur des trajets de courtes distances. Dans tous les cas, si l’on veut augmenter le nombre de flux utilisant les modes de transport par le fluvial et le ferré, il est nécessaire de mettre en place des sites de transit et de massification en bord de voie d’eau ou sur les zones de transport ferré. Grâce à des éléments d’analyse chiffrés, cette étude met en évidence non seulement le potentiel de report des flux de déchets du réseau routier vers les réseaux fluviaux et ferré en Alsace mais également la nécessaire internalisation des coûts environnementaux dans l’étude de ces scénarios afin d’en mesurer les véritables avantages techniques et économiques. Elle constitue un outil d’aide à la décision à destination des pouvoirs publics et des entreprises. «Étude régionale de faisabilité de transport de déchets par voies fluviales et ferrées en Alsace» Une étude menée par les acteurs alsaciens impliqués dans la gestion des déchets ou de leur transport : ADEME, Direction régionale de l’Équipement, SNCF, VNF, Conseils généraux du Bas- Rhin et du Haut-Rhin, CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin.