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Illustrateur, une profession le plus souvent associée aux ouvrages jeunesse … même à Strasbourg |

Publicité, presse, ouvrages pour enfants… Le travail de l’illustrateur diffère selon le secteur d’activité pour lequel il travaille. Choisi pour son coup de crayon, il crée son univers graphique. C’est un travailleur solitaire, ce qui le rapproche de l’artiste. Son «book» est le meilleur des passeports. À Strasbourg, le berceau des illustrateurs est l’école supérieure des arts décoratifs, où un département spécifique a été créé en 1972 par Claude Lapointe. Dans ce dossier, deux anciens élèves témoignent de leur métier.
La liberté du trait
Témoignage / Rémi Saillard, spécialisé dans les ouvrages pour enfants Spécialisé dans l’illustration d’ouvrages jeunesse, ses réalisations constituent sa carte de visite, générant de multiples travaux, la dominante restant l’illustration d’ouvrages jeunesse. Son style ? «très graphique et mouvant». Tout petit, Rémi Saillard aimait dessiner. Mais de là à vouloir en faire son métier... C’est bien plus tard que ce natif du Jura a suivi les cours d’un professeur de dessin un peu excentrique, qui lui a donné goût au dessin. «Au départ, je n’étais pas spécialement doué, mais dès l’instant où j’en ai eu envie, il n’y avait pas de raison à ce que cela ne marche pas.» Après Besançon, le jeune homme a suivi les cours des arts décoratifs à Strasbourg de 1981 à 1986.
De nombreux clients hors Alsace
Installé en tant qu’indépendant, il a d’abord travaillé pour une agence de communication strasbourgeoise. Prestation : illustrateur roughman*, avant de se former sur le système informatique vectoriel Dalim. «Très lourd, aucune comparaison avec les logiciels que l’on trouve aujourd’hui.» Virage presse : son premier client, en 1989, est Bayard Presse, pour lequel il illustre une double page du magazine pour enfants, Astrapi. «J’avais des consignes de jeu précises, mais toute latitude m’était donnée pour le graphisme.» Le style de Rémi Saillard, «très graphique et plutôt mouvant», est toujours apprécié par l’éditeur : ses prestations se sont développées pour les magazines «J’aime lire, Youpi, Pomme d’Api» et d’autres ouvrages du département Éditions. Le dessin pour enfants est donc devenu le fonds de commerce de Rémi, qui ajoute à son portefeuille clients Nathan, Larousse, Syros. Un ensemble de travaux qui constituent sa carte de visite. À présent, les maisons d’éditions le rappellent régulièrement pour d’autres commandes. Parallèlement, un agent situé en région parisienne lui a procuré de nouveaux clients pour des illustrations destinées à des revues d’entreprises plus confidentielles. Peu de contacts cependant lui sont ouverts en Alsace. Et d’ajouter : «Je ne compte pas sur la région pour vivre.» Par contre, il lui est arrivé de créer l’une ou l’autre carte de voeux, d’illustrer un cahier économique des DNA, des couvertures de magazines professionnels, etc. «Ces situations de presse, avec des thèmes un peu abscons, m’ont obligé à créer des situations surréalistes ou à trouver des métaphores, c’est un type de travail qui me convient également dans la mesure où mes images restent très personnelles.» Après une percée qu’il qualifie de crescendo, Rémi Saillard travaille actuellement sur cinq ou six commandes en même temps.
Le goût du crayonné et des thématiques variées
Si l’informatique a beaucoup changé sa façon de travailler, il a conservé la phase de crayonné avant la mise en pages. Alors que certains de ses confrères travaillent directement sur écran, Rémi n’en éprouve pas l’envie : «J’aime le rapport physique avec le papier.» L’exécution de son travail est souvent réalisée sur carte à gratter. Explication : l’illustrateur se fabrique un fond (noir de préférence) et utilise le cutter pour le trait. Une fois le dessin scanné, il le peaufine sur l’ordinateur, réincruste des fonds, affine les détails, ajoute de la couleur, etc. Du coup, l’original n’existe plus car le crayonné a évolué au fur et à mesure. Excepté certaines rubriques récurrentes, Rémi Saillard ne pratique pas les séries qui ont une visibilité à long terme, à l’instar des bandes dessinées : «Il faut être constant sur une trop longue période ; je préfère avoir une liberté du trait qui s’adapte à des thématiques variées, mais qui est aussi fonction de mes humeurs.» L’artiste reste maître de son talent ! * Maquettiste Contact, 03 88 22 14 56
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« L’ordinateur n’est qu’un outil »
Témoignage / Guillaume Decaux, souplesse et polyvalence Autre «produit» de l’école des arts décoratifs de Strasbourg et élève de Claude Lapointe, Guillaume Decaux. Devenu indépendant, il s’est ouvert à différents domaines : de l’édition de livres pour enfants à la presse adulte, en passant par la publicité. C’est à l’école des beaux-arts d’Amiens que Guillaume Decaux a débuté son cursus. Deux premières années généralistes qui lui ont permis d’être admis à Strasbourg, «la meilleure école» selon lui, grâce à l'atelier Illustration créé par Claude Lapointe. Charmé par la ville, il s’y est installé et a fondé sa famille… qui apprécie de le voir travailler à la maison. Les premiers travaux qu’il réalise – affiches, plaquettes, mascottes d’événements – concernent le domaine de la publicité. Son client : l’agence, son interlocuteur : le directeur artistique. «Ce fut une période d’apprentissage du métier très formatrice» qui lui a permis d’intégrer souplesse, respect des délais et polyvalence. À ses débuts, l’ordinateur n’existait pas. «Je m’y suis mis tout seul, et très vite, grâce au logiciel Photoshop. Mais j’utilise toujours le crayonné avant de scanner mon image. Selon mon humeur et la difficulté du travail, il m’arrive parfois de travailler directement sur l’ordinateur. Par contre, si à un moment donné je vise l’objectif du zéro papier, il m’arrive souvent de revenir à la phase graphique. L’ordinateur n’est qu’un outil.»
La carte de la diversification
À Strasbourg, Guillaume Decaux travaille pour les entreprises – plaquettes, journaux internes, lettres, presse informatique – via des commandes d’agences de publicité ou d’éditeurs. Il a notamment beaucoup travaillé dans la presse interne du Crédit Mutuel Grand Est, grâce aux éditions Coprur. Quelques commandes d’entreprises lui ont également été faites sans intermédiaire. Récemment, il a illustré des articles de Saisons d’Alsace : des portraits de mangeurs de chocolat pour lesquels on lui avait laissé carte blanche à partir du texte. Il a également réalisé des illustrations d’affiches destinées à informer des salariés d’entreprise sur les aspects sécurité. «À partir d’une commande précise, il me faut mettre l’accent sur le problème et montrer comment le résoudre graphiquement ». Comme beaucoup d’indépendants, Guillaume bénéficie des services d’un agent. Ce sont essentiellement des travaux réalisés pour la presse et la publicité, pour des clients situés en région parisienne. Mais de reconnaître : «Comme beaucoup de mes confrères qui ont besoin de vivre de leur métier, ce sont les livres du secteur édition jeunesse qui constituent mes principales sources de revenus. Bayard, Nathan, Hachette, Larousse… La demande est importante, du fait de l’énorme rotation au niveau des titres. Je pense que l'on peut difficilement s'en passer, à moins de s’orienter uniquement vers la publicité, ou de concilier son métier avec celui d’infographiste».
Une gestion du temps à la fois souple et contraignante Ce qui plaît à Guillaume, c’est de pouvoir exercer son métier en toute liberté. Il apprécie de travailler seul chez lui pour des cibles variées. Cela lui permet d’être souple. Revers de la médaille : il doit parfois renoncer à partir en vacances, faute d’avoir terminé un travail qui s’est parfois juxtaposé à d’autres commandes. Heureusement, grâce à Internet, tout va très vite. En fait, Guillaume éprouve un vrai besoin de travailler pour des publics différents et d’alterner au niveau de ses différents styles graphiques : 7-11 ans, adolescents, polars, professionnels, etc. Son souhait actuel : travailler pour la presse parisienne.
La Bédé ?
Un métier d’ascète pour Guillaume : «Il ne faut faire que ça et ne pas se laisser distraire, c’est un métier monacal !» • Une passion pour Joseph Béhé, qui a créé la première école de BD en ligne Cet auteur de BD et enseignant à l’ESADS a créé AtelierBD.com, à la fois centre de formation à Strasbourg, mais aussi magazine et école via Internet. Au coeur de l’enseignement, l’image narrative déclinée en BD, illustration et scénario. Des élèves de tous âges qui apprennent en amateurs ou en professionnels. Ayant décidé de faire ce dont ils avaient toujours eu envie, les premiers élèves formés commencent à être publiés cette année… Nouveau : un cursus en deux ans débute en septembre à Strasbourg... www.atelierbd.com
Contact, 03 88 28 70 54 www.alcide.fr
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Tomi Ungerer, l’artiste alsacien aux multiples facettes
Touche-à-tout, l’illustrateur alsacien exerce ses talents dans les dessins, cartes postales, affiches, livres. Également peintre et sculpteur, écrivain, défenseur de la cause des enfants, il est un homme aux passions multiples. Né en 1931 à Strasbourg, Jean-Thomas Ungerer, dit Tomi, a commencé à dessiner à l’âge de quatre ans. Son oeuvre est riche de 40 000 dessins. Inscrit à l’école des arts décoratifs de Strasbourg en 1954, il interrompt ses études pour effectuer des voyages qui le mèneront dans toute l’Europe. Rejoignant New York en 1956, il y publie ses premiers livres pour enfants. Depuis les années 80, il s’est investi dans la préservation du bilinguisme en Alsace. Il vit aujourd’hui en Irlande. Inscrit au Larousse, dans la partie noms propres en 2004.
Bientôt à Strasbourg, le musée de l’illustration Tomi Ungerer Ce musée, qui sera installé dans la villa Greiner, en face du TNS de Strasbourg, abritera un fonds d’illustrations des XXe et XXIe siècles : dessins originaux, estampes et imprimés d’artistes européens, et présentera au grand public l’oeuvre de Tomi Ungerer. 8 000 dessins, 1 000 affiches et estampes, 6 500 jouets dont l’artiste a fait don à la ville de Strasbourg en 1975 et 1995. Ouverture prévue du centre à l’été 2007. www.musees-strasbourg.org/F/musees/tomi/tomi.html
L’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, le vivier des illustrateurs
L’École d’art, elle dispense des enseignements dans différents domaines, notamment, depuis 1972, l’illustration avec l’ouverture de l’atelier de Claude Lapointe, aujourd’hui parti à la retraite, et dont la réputation s’est faite à la foire du livre de jeunesse de Bologne en Italie. Toute une génération d’illustrateurs travaillant actuellement pour les grands éditeurs français de littérature jeunesse est issue de cet atelier, parmi lesquels Rémi Saillard et Guillaume Decaux. www.esad-stg.org
La bande dessinée ou bédé Un art littéraire et graphique souvent appelé le neuvième art, où une histoire est racontée grâce à des images, des dessins, accompagnés d’un texte. Explicatif ou dialogue, il est dans ce dernier cas dans une bulle ou phylactère. Genres : humour, aventure, science fiction, sport, etc. C’est Astérix, Lucky Luke, Gaston Lagaffe, Tintin, Spirou, Blake et Mortimer, Michel Vaillant... Auteurs : Bilal, Brétécher, Gotlib, Hergé, Lauzier, Reiser, Uderzo, etc. À lire, l’histoire de la bédé sur le site Wikipedia. fr.wikipedia.org/wiki
Processus de création • histoire ou idée : originale ou inspirée d’une oeuvre existante • scénario : traitement détaillé de l’histoire adapté au média, il précise l’action, les personnages et ébauche les dialogues • recherche graphique : le dessinateur travaille au style, à l’apparence des décors et des personnages • mise en pages : détermination des points de vues, des cadrages et de l’agencement des vignettes dans la planche • crayonné : finalisation du dessin • encrage : on redessine à l’encre les contours et les ombres afin de ayant servi d’esquisse • lettrage : finalisation des dialogues et cadres de textes • mise en couleur. En fonction de l’oeuvre, le même artiste peut réaliser toutes les étapes ou le travail peut être partagé.
Festival BD d’Angoulême Le plus important en France, se tient depuis 1974 chaque dernière semaine de janvier, du jeudi au dimanche. Il y a aussi Chambéry, Arlon, Lucerne…
L’illustrateur Diplôme minimal requis : bac + 4 Il peut dessiner pour la pub, la presse ou l’édition. Par définition au service d’un texte ou d’un message, l’illustrateur colle au cahier des charges qu’on lui a transmis (lieux et personnages, atmosphères, histoire, lectorat…) et respecte les délais. Souvent indépendant, il devra s’appuyer sur un carnet d’adresses fourni et un professionnalisme sans faille. Ne pas honorer une commande est souvent rédhibitoire. Une fois les premiers textes publiés,les choses s’arrangent. Rares sont ceux qui se paient, une fois leur style reconnu, le luxe de pouvoir refuser du travail. Il peut dessiner pour la pub, la presse ou l’édition. Par définition au service d’un texte ou d’un message, l’illustrateur colle au cahier des charges qu’on lui a transmis (lieux et personnages, atmosphères, histoire, lectorat…) et respecte les délais. Souvent indépendant, il devra s’appuyer sur un carnet d’adresses fourni et un professionnalisme sans faille. Ne pas honorer une commande est souvent rédhibitoire. Une fois les premiers textes publiés,les choses s’arrangent. Rares sont ceux qui se paient, une fois leur style reconnu, le luxe de pouvoir refuser du travail. • La plupart du temps, il travaille en indépendant dans les domaines de l’édition, de la presse et de la publicité. Sa rémunération est forfaitaire car il n’existe pour ce métier aucune grille de salaires. La profession est le plus communément associée à la publication d’ouvrages dans les domaines de la jeunesse, du scolaire et du parascolaire. • L’illustrateur est responsable de l’illustration réalisée selon un cahier des charges qu’il doit suivre scrupuleusement. Des qualités d’attention et d’analyse sont nécessaires. Au-delà d’un don artistique et esthétique, il doit maîtriser les outils techniques, notamment informatiques, qui lui permettent de travailler et d’être compétitif. • Le dessinateur de presse devra avoir du talent, de l’humour parfois incisif, et un esprit journalistique en plus de son coup de crayon. • Formation : BTS de communication visuelle, diplôme supérieur d’arts appliqués préparant aux diplômes des écoles supérieures d’arts appliqués, diplômes d’arts via les écoles municipales, régionales et nationales accessibles après le bac sont les voies principales de formation, sans compter les enseignements dispensés par les écoles privées. Trois à cinq ans d’études après le Bac sont conseillés pour apprendre les techniques de base et maîtriser les outils de création. Tout sur le métier, la formation initiale, continue, en ligne : www.net-guidance.com www.studya.com/formations_metiers/ART/illustrateur.htm
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| Brèves |
Illustrateur ou artiste ?
L’illustrateur exerce un métier qui se situe entre le fournisseur et l’artiste. Le fournisseur n’a pas le côté artiste, l’artiste se fait plaisir. Il s’agit de trouver le juste milieu entre la commande et l’imaginaire. Et savoir répondre de manière pertinente à une commande pour être crédible. Souvent, les gens qui sont du domaine de l’entreprise ne savent pas comment les situer : artistes ou techniciens ? L’illustrateur sait jongler avec la couleur, mais aussi traduire votre demande.
1968, l’année des arts plastiques
La première faculté d’arts plastiques est née en 1968, en concurrence à l’époque avec l’école nationale supérieure des beaux-arts, dont l’enseignement conservait une approche traditionnelle peu en phase avec les mutations du champ artistique de l’époque. C’est Emmanuel Kant qui a introduit le terme au XVIIIe siècle, inscrivant la discipline dans la tradition philosophique en l’identifiant aux arts de la forme. La notion d’arts plastiques n’est apparue que dans les années 70. La charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse Créée en 1975, elle est née de la volonté d’auteurs souhaitant défendre une littérature jeunesse de qualité ainsi que leurs droits et spécificités de créateurs.
Contact, 01 42 81 19 93
Imagination et émotion
L’imagination est, avec la raison et la sensibilité, l’une des faculté de l’esprit. Une faculté de représentations mentales d’images appropriées ou de réminiscences issues de la mémoire, de la sensibilité ou d’une émotion. Dans la mesure où l’imagination est une activité du sujet, elle est aussi une faculté de former par soi-même des connaissances. On peut distinguer deux types fondamentaux de conception de l’imagination
• l’imagination comme activité cognitive du sujet, elle est préliminaire aux processus de création ;
• elle est passive quand l’esprit se représente involontairement des impressions sensibles.
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